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12/12/2010

Je cherche un Dieu pour les riches

Né belge, il était de tradition début 60 de baptiser les enfants nouveaux nés à la maternité afin de monter au paradis au cas où, lors du contact avec l'extérieur, le mal les frappa et les fit passer de vie à trépas.

Nous étions condamnés par un péché qui nous collait là, à la peau, dans le corps... qu'avions nous fait de si grave au moment de naître, ce qui n'était déjà pas une sinécure, pour être porteur d'une telle "Chappe" dont il faudra, jusqu'à la mort, se débarrasser? Enfin, se débarrasser, le terme n’est pas correct: il fallait en porter le poids, tel un fardeau, et espérer une sorte de rédemption à la fin de notre vie terrestre. Il nous fallait vivre, dès qu'on nous l'aura enseigné, dans la crainte du Bon Dieu, qui est juste, qui reconnait les siens mais est quand même tout puissant et surtout, colérique ! Et vengeur !! Tremblez, mortels humains, ma sanction sera impitoyable !!

Je fus donc baptiser avant mon septième jour et surtout, avant ma sortie de la maternité, lieu aseptisé, protecteur. J'aurais voulu y rester finalement.

Il était aussi de bon ton de se rendre tous les dimanches à 11 heures sonnantes à l'église. Et attention: Dieu ne tolérait pas qu'au dernier coup de cloches quelqu'un osa encore en vitesse pénétrer dans sa maison de prières ! Il fallut alors attendre le prochain office, sans mettre un pied dans le bistrot d'en face !

Ah! Ces messes d'antan... Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre, le curé qui tournait le dos aux croyants, des enfants de chœur, un préposé à la clochette l'autre au vin. Près de l'entrée dans notre dos, pour ne pas être distrait par l'insolent qui pénètre quand même malgré que la messe fût commencée, au fond et au-dessus de nous, l'organiste, autre personnage clé dans le déroulement de la cérémonie. Et devant nous: Jésus ! Enfin, une représentation d'un homme barbu cloué sur une croix. "Voilà, misérable, ce qui t'arrivera si tu ne respectes pas les commandements de Dieu, Un et Unique, qui te sont transmis par mon représentant, le prêtre de ton Eglise !

On sortait de la messe, ma sœur et moi, et nous rejoignons papa qui nous attendait patiemment dans le bistrot d'en face, une cantine qu'on disait. Papa était riche! Il trouvait que ça ne faisait pas chic de donner une pièce d'un franc dans le panier de la collecte, il préférait introduire deux pièces d'un franc dans le kicker ou babyfoot de la cantine d'en face.

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Sept ans. Sept ans ! L'âge où le cerveau se met en route, apprend, emmagasine, se développe, tente de réfléchir malgré la naïveté propre à cette période de notre vie et de notre évolution. L'âge aussi où à l'école, depuis un an, papa et maman nous ont inscrits au cours de religion. L'aumônier des FBA passait dans les classes et nous donnait cours de religion. J'allais faire ma première communion!

Dieu est présent partout: dans la brique, dans le ciel, sur la terre, dans la voiture de papa, dans le porte-monnaie de maman, dans l'école. Aussi fort que Saint Nicolas! Même plus fort que lui! Saint Nicolas, la maitresse de l'école ainsi que papa et maman en parlent début novembre: "tiens-toi bien si tu veux qu'il t'apporte des jouets ! Si t'es pas sage, il ne t'apportera rien!"

M'en fiche! Je préfère le père fouettard! Il me donne des bonbons et fait le clown quand je vais voir Saint Nicolas! Tous les petits enfants pleurent quand ils s'approchent du grrrrand saint: pas sage, colère; on ne voit que ses yeux...

Ce qui m'amusait beaucoup, petit, c'est qu'il parvenait à se trouver partout où maman nous entrainait, et jamais avec le même visage: à l'inno il était assez jeune, puis au bon marché vieux avec des lunettes, puis aux galeries anspach il parlait avec un sacré accent,…

Aux galeries Anspach c'était féérique. Un décor fabuleux pour arriver à son trône, vite la photo sur ses genoux et sortie par les nombreux rayons de jouets. Et de l'entrée à la sortie des magasins, un incessant "clique-clique", petit objet métallique distribué aux enfants, objet utilisé pendant la seconde guerre mondiale.

Puis, la récompense ultime: le dernier Disney à l'Ambassador!

Je m'éloigne un peu de Dieu là! Quoique: Saint Nicolas a été son serviteur ici bas.

Ah! Chaque dimanche matin, lorsqu'on ne rentrait pas en Belgique, la messe de 11 heures.

Oui: curieusement, en Belgique, nous n'allions pas à la messe. Dieu ne s'adressait qu'aux belges en Allemagne. C'était une souffrance d'être en Allemagne. Hors, Dieu s'adresse aux souffrants! C'est l'aumonier qui nous l'expliquait au cours de religion à l'école. Dieu, par son fils Jésus, soignait les malades, les souffrants et les femmes. Curieux amalgames, ...

Et moi, à la maison, j'aimais reproduire les messes vécues chaque dimanche. C'est MOI qui partageait le pain avec tous mes spectateurs et surtout qui buvait le cruchon de vin...enfin à cet âge là, c'était de l'eau grenadine mais c'était assez ressemblant au vin rouge, le sang du Christ.

Parfois il m'arrivait de rêver que je vivais chauqe jour avec Marie. Une sainte femme, toujours attentionnée, gentille, aimable, serviable et qui m'aimait très très fort. Qui me réconfortait.

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neuf ans. Je reçu une bande dessinée: une BD. Une BD religieuse: la vie de Don Bosco.

Un gamin, malin, qu'on ne pouvait instruire car il fallait travailler dur à la maison, son frère ainée qui ne comprenait pas pourquoi Jean voulait lire et s'instruire alors que seul le travail donnait de quoi manger. Un gamin malicieux, capable de réussir des tours de "magie" pas banal, de gagner une bourse au risque d'y laisser sa peau. Un Giovani qui dû s'exiler de son village pour s'instruire et devenir prètre. Il eut un songe: son oeuvre allait devenir planétaire. Il s'occupa de gamins des rues qui étaient détestés par les habitants de la ville. Ces "vauriens" étaient la conséquence d'une misère injuste les forçant à quelques larcins voire pire. Don Bosco les prit sous ses ailes, les nourrit, les instruisit et leurs donna un espoir magnifique dans la Vie. Bien belle histoire que je relu quelques fois.

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Lorsque j'eu onze ans, nous étions rentrés en Belgique depuis un an.

 

 

21:10 Publié dans Passions | Lien permanent | Commentaires (0)

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